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saute mouton

 

 

Lexique très officiel de l’AFPC

Bêtise d’enfance

Action peu sage, déraisonnable, commise avec ou sans intention de nuire, par azccident, par innocence naïve, par volonté d’imiter un modèle qui fait briller les yeux, par l’influence d’un tempérament expérimental, par pulsion trangressive, ou par pure vengeance, que ce soit envers un représentatn du genre humain, animal végétal, culinaire ou non animé (en ce compris les ours du Bengale et girafes en peluche).

Madame Lepic - Qu’est-ce que tu fais, Poil de Carotte ?

Poil de Carotte - Je ne sais pas, maman.

Madame Lepic - Cela veut dire que tu fais encore une bêtise

(Jules Renard, Poil de Carotte, 1894, p. 309.)

 

Ainsi donc, la bêtise d’enfance ne constitue aucunement un défaut d’intelligence ni une chose sans importance, encore moins qu’une action sotte ou maladroite. Elle doit donc être définitivement distinguée de la bêtise bête, phénomène décrit pas Flaubert dans sa Correspondance :

La bêtise humaine est un gouffre sans fond, et l’océan que j’aperçois de ma fenêtre me paraît bien petit à côté.

(Gustave Flaubert, Correspondance, 1875, p. 208.)

Tout au contraire, la bêtise d’enfance constitue une étape cruciale du développement de la conscience et de la liberté chez l’être humain. Ce phénomène psycho-actantiel pas-sager doit donc être reconnu avec tout le sérieux qui s’impose.

L’adulte et la bêtise d’enfance. Si la bêtise d’enfance est mieux observable chez l’enfant que chez l’adulte, c’est que ce dernier a appris à camoufler es conséquences de ses actes, au détriment évident de mémorables fous rires post-punitifs. Le maintien d’un comportement tendant à la bêtise d’enfance à l’âge adulte est le témoin d’une persistance des capacités à explorer le monde par tous les sentiers, y compris ceux marqués d’un sens interdit. C’est pourquoi la sagesse populaire affirme :

Homme averti en vaut deux

Bêtiseur âgé vaut plus et mieux !

Ou encore, comme l’écrit le Poète Piet Rerie :

Boule puante des jours heureux

Ne t’éteins pas quand les années passent

Plutôt, que tes parfums capiteux

Embaument ma vieillesse lasse !

(Piet Rerie, Quatrains innatendus, 1968, p. 7.)

 

Etymologie.1. XVe s. Av. 1520 bestise « sottise, stupidité » (Seyssel, Appian, guerres civiles, 85, éd. 1544 cité dans R. Hist. Litt. Fr., 1898, p. 289 : Philippe voyant la bestise et imbécilité de Aminauder).

Expressions courantes. « Pas de bêtises » : Incitation à être sage, raisonnable.

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Bêtise de Cambrai

Confiserie.La bêtise de Cambrai est une friandise élaborée à Cambrai en 1850 environ. Ce bonbon aromatisé à la menthe et rayé de sucre a la forme d’un petit coussin. L’un des bonbons à l'ancienne les plus connus, son invention résulterait d’une erreur de dosage lors de la fabrication, donc, d’une « bêtise ». On les aromatise aujourd'hui à différents parfums. Deux fabricants perpétuent la tradition de la bêtise de Cambrai et s'en disputent la paternité : les confiseries Afchain et Despinoy.

Littérature. La bêtise de Cambrai apparaît dans l’album Le Tour de Gaule d'Astérix. Elle figure également dans Pater noster, poème de Jacques Prévert.

 

Bêtiseur

Individu facétieux commettant régulièrement des actes qualifiables comme « bêtises » (voir ce mot), sans distinction d’âge, de sexe, d’origine, de race, de religion ou de préférence en matière de bonbons et autres chewing-gums.

 

Bêtiser

Action commise par le bêtiseur (voir ce mot).

Expression.Faire une bêtise.

 

Temps de sueur froide (TSF)

Instant précis où la conscience de son action chez le bêtiseur apparaît lorsque, entrevoyant mentalement les conséquences matérielles, humaines, écologiques ou punitives de son acte, il sent une première goutte de sueur lui couler le long de la colonne vertébrale.

Dans les cas méchants, le Temps de sueur froide s’observe au moment de la préméditation.

 

Enfance

Première partie de la vie humaine qui s’étend de la naissance à la puberté mais parfois un peu au-delà (particulièrement chez les bêtiseurs). Dans cette partie de l’existence, certains actes délictueux semblent facilement réalisables étant donné le flou entourant certains interdits. D’où l’expression : « C’est l’enfance de l’art », c’est-à-dire « C’est facile », « Elémentaire mon cher Watson », ou encore « Les doigts dans le nez », réponse couramment adressée par le bêtiseur au défi lancé par un comparse sous la forme bien connue : « Même pas cap ! ».

Synonymes.Tendres années.

Antonymes.Maturité, ennui.

 

Amicale du Fais Pas Ci Fais Pas Ca (AFPC)

Agrégat multiforme mais néanmoins scientifique et sérieux de bêtiseurs issus de contrées diverses et aimant à s’entretnie d’affaires de bêtises et de questions de sagesse afin de disposer de connaissances optimales nécessaires à la réalisation de leur objectif ultime, en trois temps :

  1. L’attrapage, la récolte ou au besoin, la chasse au filet ou par tout autre moyen approprié, de bêtises, bévues, accidents et catastrophes d’enfance en tout genre ;

  2. L’étiquetage, classement, labellisation lexicographique et toponymique, bêtizaroïde non moins que spécieux, desdits méfaits ;

  3. La présentation de la collection ainsi formée à la Commission ad hoc de l’UNESCO dans l’espoir que soir enfin réparé l’affreux oubli de la bêtise à la liste du Patrimoine mondiale immatériel de l’Humanité.

L’entrée dans l’Amicale advient par coopration des nouveaux membres. Ces derniers sont sélectionnés sur la base des actions peu sages commises au cours de l’enfance et dont une liste est tenue à jour dans le grand Registre de l’Amicale par le Général Gédéon Spregelburg et ses agents certifiés, qui voient tout et savent tout.

Les critères de sélection desdits méfaits incluent notamment le caractère exceptionnellement original, autrement dit l’hénaurmité de l’idée saugrenue ayant conduit à la bêtise, ou bien le retentissement de la bêtise et ses conséquences sur l’environnement ou la vie du bêtiseur.

C’est dans l’enceinte du Musée aux Bêtises d’enfance que se tient la procédure spéciale, incluant sifflet, polaroïd et cocarde triomphale, qui signale à l’impétrant sa possible élection future comme nouveau membre de l’AFPC. A l’issue d’une cérémonie rituelle d’initiation sur laquelle le secret est bien gardé, le candidat devient collecteur (voir ce mot).

 

Chasse à la bêtise

Traque systématique, ardente et tenace, de récits de bêtises d’enfance, d’objets attestant de ces méfaits, ainsi que de malfaiteurs eux-mêmes, suivie d’une phase d’interception (attrapage ou collecte).

Déroulement.Le chasseur en chasse, avec ou sans chien mais sachant obligatoirement chasser, se place dans les conditions les plus favorables pour prendre au piège l’objet de sa recherche. La chasse à la bêtise se pratique à pied, à cheval, à l’affût, à l’appeau, au filet ; dans le tête-à-tête du confessionnal ou accompagné d’une meute de PIMS ; toujours avec malice et bienveillance ; de jour ou de nuit ; muni du permis de chasse spécial délivré par l’AFPC et durant la saison de la chasse, ouverte sans limite de temps sous le contrôle du Général Gidéon Spregelburg.

Procédures de courtoisie. 1. En présence d’une bêtise, le chasseur prononce nécessairement la sommation suivante : « Attends seulement que je t’attrape ! ». 2. Quand deux chasseurs de bêtises se retrouvent nez à nez face à une proie, il est d’usage qu’ils jouent à « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette » ; le premier qui réussit à faire rire l’autre obtient le droit de chasser la bêtise (si elle ne s’est pas, entre temps, éclipsée) et prononce la sentence rituelle : « Qui va à la chasse, perd sa place », attestée par Maupassant dans ses Contes de la bécasse (1882).

 

Collecteur de bêtises

1. Nom masculin. Agent certifié de l’AFPC qui collecte tout élément concret ou abstrait ayant trait à la bêtise d’enfance et les reverse à la collection du Musée aux Bêtises d’enfance en raison de leur intérêt historique, artistique, humoristique, culinaire, édifiant, moral, amoral ou immoral.

2. Adjectif. Se dit des outils du collecteur de bêtises (sens 1). Ex : filet collecteur de bêtises.

Synonyme.Récolteur de bêtises.

 

Récolteur de bêtises

Voir : collecteur de bêtises.

 

Bêtise accidentelle ou Bêtise hasardeuse

Réalisée sans la plus minime intention de nuire, la bêtise accidentelle n’en a pas moins de charme ni d’intérêt. Elle surprend tout le monde de façon égale, le bêtiseur autant que la victime animée ou inanimée.

Le Saint-Patron de la bêtise accidentelle est le philosophe grec Démocrite, selon qui « Tout ce qui existe dans l'univers est le fruit du hasard et de la nécessité ». Il faut savoir que le hasard chez Démocrite n’a rien d’une incertitude fondamentale (au contraire de ce qu’affirme la physique mécanique quantique). Le hasard chez Démocrite décrit bien plutôt le fait que les atomes se heurtent dans le vide et produisent, au gré de leurs rencontres, toutes les choses réelles. Ce hasard n’est donc que l’autre nom de la nécessité, car il opère selon un déterminisme mécaniste précis. On peut donc en conclure que toute bêtise accidentelle correspond à un événement précis inscrit dans le grand dessein de l’univers.

 

Bêtise ingénue

Catégorie de bêtise basée sur la présomption d’innocence. Il s’agirait d’une bêtise commise sans penser à mal, sans arrière pensée malsaine ou d’ailleurs idéologique. Elle est plutôt le fruit de la naïveté, de la candeur, de l’ingénuité, d’un excès de confiance en un raisonnement qualconque ; bref elle advient par ignorance des réalités et de leurs conséquences. Car, ainsi que le résume l’illustre Jean Dion : « La naïveté est un excès de crédulitéà l'égard des choses qui sont, mais aussi une inconnaissance des choses qui seront. »

On ne peut donc raisonnablement songer à blâmer, condamner, encore moins qu’à punir, une bêtise ingénue, sous peine de commettre une terrible erreur judiciaire chargeant une victime innocente.

Cependant, il est rare que l’on puisse attester tout à fait, par l’apport au dossier de preuves tangibles, de l’absence de pensée maligne dans l’esprit du bêtiseur au moment des faits. Le plus souvent, le jury en est réduit à se fier à la clarté très pure qui émane des grands yeux innocents du malfaiteur, ou à des déclarations de principe, parmi lesquelles on mentionnera le très classique : « J’le savais paaaas !!! » ou, moins convaincantes tout de même, les formules « J’étais pas au courant » et « On me dit rien à moi ».

En tout état de cause, la plus grande prudence est de rigueur devant un cas de bêtise présumée ingénue. En effet, le véritable innocent condamné à tort mûrira au long des années un terrible sentiment d’injustice qui, une fois forgé, demeurera pour lui un moteur de vie et pourra l’amener à s’auto-proclamer leader d’un mouvement révolutionnaire destiné à rétablir une Grande Vérité quelconque sous des latitudes plus ou moins proches. Attention, donc, aux innocents aux grands yeux.

Parmi de nombreuses personnalités, l’AFPC a élu pour Protecteur de la Bêtise ingénue Rabelais, qui rappelle dans le Tiers Livre : « Nature crea l’homme en estat d’innocence. » (Tiers Livre, VIII éd. M.A. Screech, p. 71.)

 

Bêtise vengeresse

Bêtise par laquelle l’enfant offensé, outragé, incompris ou lésé, et le plus souvent non satisfait dans un caprice quelconque, inflige en retour un mal à l’offenseur afin de le punir. Cette vengeance peut être atroce, criminelle, éclatante, raffinée, terrible, corse, secrète, ou juste.

Souvent ruminée (car elle se mange froide) la bêtise vengeresse atteint des sommets d’imagination car, comme le rappelle Henri de Montherlant, « Une vengeance trop prompte n’est plus une vengeance ; ce n’es qu’une riposte. Une vengeance digne de vous doit être longue et infinie. » (Malatesta, 1946, I, 8, p. 459).

Parfois cependant, la vengeance est immédiate et violente. Elle s’accompagne alors généralement du cri : « Tu vas me le payer ! », d’un plus simple : « Vengeaaaaaaance ! », ou du moins articulé : « Aaaaarghmblll !!! ».

La bêtise vengeresse a des conséquences diversement emmerdantes pour les parents du bêtiseur, mais une visite à l’hôpital y est souvent associée. Exemple : Puisque tu ne veux pas m’acheter le Power Ranger jaune, pour t’embêter, j’avale un clou. Ou : Puisque tu ne veux pas me payer une glace, pour t’embêter, je me pends dans le grenier. Ou encore : Puisque ma petite soeur a démoli mon château de sable, je lui tape sur la tête avec ma pelle en fer. Heureusement, la médecine fait des miracles.

 

Bêtise mimétique

Mécanisme d’apprentissage crucial, le mimétisme permet à l’enfant qui reproduit le geste de l’adulte de se représenter l’utilité dudit geste et d’élaborer le souvenir de l’enchaînement d’actions nécessaires à son accomplissement.

C’est lorsque le modèle choisi ressort à une catégorie de personnages humains peu communs que la bêtise se produit. Ainsi, tenter de traverser l’espace, suspendu à un trapèze tel cet acrobate aperçu sous le chapiteau du cirque, ou par le seul effet de superpouvoirs dont l’existence est prouvée par les films des exploits de Superman, mène immanquablement à une catastrophe, parfois à l’hôpital, mais surtout, à l’écrasement irrémédiable du rêve identificatoire de fusion avec le héros.

 

Bêtise expérimentale

Expérience provoquée dans le but d’observer des résultats concernant un champ du monde encore mystérieux (art culinaire, pyrotechnie, armurerie, soins du bébé, entomologie, résistance du corps humain à la chute, science du matériau en relation au lancer d’objets, etc.) et d’acquérir à son sujet des connaissances hypothético-déductives.

D’intention louable, l’expérience a le plus souvent pour fâcheuse conséquence de provoquer ce que des personnes plus averties nommeront ensuite « une bêtise ». L’expérience est donc toujours à renouveler, chaque être humain étant irrésistiblement attiré vers le grand laboratoire de la vie, comme l’a si bien écrit H. D. Thoreau :« Ici la vie, champ d’expérience de grande étendue inexploré par moi ; mais il ne me sert de rien qu’ils l’aient exploré. » (Walden ou la vie dans les bois).

 

Bêtise transgressive

La bêtise transgressive vise sciemment le dépassement d’une limite, d’une interdiction. C’est le plus souvent le fait même de poser cette censure qui déclenche la bêtise chez le bêtiseur : sensible au défi, il interprète immanquablement l’interdit comme une provocation.

Ainsi, en élevant au rang d’objets inaccessibles et dangereux des éléments tels que les branchements électriques, les flacons de solvants, les plaques de cuisson, les alumettes, les boîtes de médicaments, ou encore les couteaux de cuisine, le poseur d’interdits rend (bien malgré lui) tout cela très mystérieux et donc, vraiment très attractif.

Ainsi donc, « poser un interdit, c’est poser en une bêtise à retardement », selon la célèbre formule du Général Gidéon Spregelburg dans sa conférence de 1974 intitulée Du désir de coller ses mains sur la vitre du four pour mieux voir le chat qui brûle, donnée dans la Grande Salle de la Société des Amis de l’Amorale et de l’Aloi.

 

Bêtise objective

La bêtise objective s’attaque comme son nom l’indique à un objet inanimé. Le drame survient donc

  1. en raison du sentiment attaché audit objet par son propriétaire (vase de grand-mère brisé, témoin d’une grande histoire d’amour ; maison de tonton à peine remboursée, incendiée à grandes flammes, etc.) ;

 

  1. en raison du sentiment dudit objet lui-même, tous les objets inanimés n’étant pas nécessairement dépourvus de vie intérieure (ex. ours en peluche sensibles ; poupées sujettes à l’hyperventilation ; tigres, singes et autres bibelots inspirés de la faune exotique au regard inquisiteur et pénétrant ; etc.).

Dans l’immédiat Après-Guerre, un bêtiseur qui s’est particulièrement illustré dans la catégorie de la bêtise objective est Toto Dubonnet, dont la mémoire reste attachée de façon indéfectible à son surnom de « Vésale du nounours ».

 

Bêtise animalière

On connaît la chasse au cerf, au loup, au sanglier, au lièvre, au lion, à la palombe, au renard ou au tigre. La catégorie de la bêtise d’enfance animalière est constituée d’un ensemble de variations sur ce thème, étonnantes et pleines d’imagination, et qui visent tantôt la vie, tantôt la mort de l’animal.

On peut ainsi mentionner :

  • la chasse au chat (avec coup d’estoc par réduction des moustaches, suivi de la mise à mort au four)

  • la chasse à l’oiseau frigorifié en hiver (suivi d’un réchauffement salutaire au bain marie) ;

  • la chasse au poussin mal élevé (assortie d’une rééducation sur le pot) ;

  • la chasse du poisson en eau de baignoire (eux aussi ont droit au bain moussant après tout) ;

  • ou encore la chasse aux bovidés mâles ou femelles solitaires (qu’il importe de faire se rassembler dans un enclos commun pour célébrer la divine correspondance des deux sexes prévue par la nature, en dépit de l’ignorance manifeste des fermiers à cet égard).

On remarquera que le récit de bêtise animalière, une fois le méfait explicité, préfère se concentrer sur les sanctions reçues et l’éventuel sentiment de culpabilité éprouvé par le bêtiseur, plus que de préciser l’état mort ou vif de l’animal chassé suite à l’aventure.

 

Bêtise personnelle

Commise envers une ou plusieurs personnes, la bêtise personnelle ne doit pas nécessairement être prise de manière personnelle. En effet, elle peut appartenir aussi bien à la catégorie de la bêtise vengeresse qu’à celle de la bêtise ingénue. Dans ce dernier cas, le fauteur de troubles pourra nourrir un sentiment de culpabilité très développé pour l’acte commis ; plus l’amour pour la personne atteinte sera grand, plus son pardon sera accueilli comme une délivrance.

 

Patrimonification de la bêtise d’enfance

Objectif majeur de l’AFPC, la patrimonification de la bêtise d’enfance consiste en son élévation au rang qu’elle mérite, à savoir un rang, élevé, très très élevé, un rang digne, voire carrément éminent : celui de phénomène appartenant au Patrimoine mondial immatériel de l’humanité.

En effet, la bêtise d’enfance satisfait à au moins deux des très officiels critères édictés par l’UNESCO, à savoir : 1. Représenter un chef-d’oeuvre du génie créateur humain. 2. Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle. On notera concernant le deuxième point le caractètre proprement exceptionnel de la bêtise d’enfance au niveau culturel, puisque celle-ci est pratiquée sous toutes les latitudes et longitudes sans exception, comme en atteste la collection toujours en expansion du Musée aux Bêtises d’enfance.

Les moyens mis au service de la patrimonification comprennent les discours enfiévrés, la harangue sur estrade, la prophétie, le lobbying administratif, la manifestation pacifique, l’encouragement quotidien à la bêtise d’enfance par don de pétards, chewing-gums et autres accessoires utiles, le soutien à toute initiative hasardeuse s’éloignant des chemins de la sagesse, et l’ouverture de pas-sages à l’aide de portes, fenêtres, clefs, loquets ou pieds-de-biche au besoin.

 

Agent certifié

Agent de l’AFPC habilité à évoluer dans le Musée aux bêtises d’enfance, à y interpeller tout individu pris en flagrant délit de sagesse, à y procéder au dépôt de confessions volontaires (tardives ou non), à y encourager le délit et la transgression (à l’exception de la bêtise bête), à y apposer des étiquettes de classement respectueuses des catégories établies dans le Lexique très officiel de l’AFPC, à examiner les requêtes d’inclusion d’objets témoins de bêtises dans la collection de l’AFPC, à effectuer des harangues en vue de la patrimonification de la bêtise d’enfance, ainsi qu’à procéder à toute autre tâche concourant au bon fonctionnement du Musée, à la prospérité de l’AFPC et à la promotion de la bêtise d’enfance en général.

 

Bêtise bête

Ce type de bêtise, coutumière d’un certain nombre d’adultes, n’est pas du ressort direct de l’AFPC. L’expérience montre qu’elle est souvent commise par des individus qui n’ont pas eu le loisir d’exprimer leur créativité bêtisière dans leur jeune âge. Ayant foi en la bêtise d’enfance, l’AFPC place dans les collections de son Musée l’espoir de pouvoir surprendre un peu les bêtiseurs bêtes dans leur trop grande sagesse, en leur montrant l’exemple, même sur le tard.

 

Serendip attitude

Qualité intrinsèque du chasseur de bêtise, apte entre tous à la sérendipité(voir ce terme) et l’un des principes moraux essentiels et indérogeables de l’AFPC.

 

Sérendipité

Exploitation créative de l’imprévu. Fait de faire des découvertes utiles à partir d’erreursou de bêtises - et de se rendre compte de leur intérêt. Sagacité accidentelle. Fait de découvrir quelque chose par accident et sagacité alors que l’on est à la recherche de quelque chose d’autre  (Horace Walpole, 1754). Art de trouver ce que l’on ne cherche pas en cherchant ce que l’on ne trouve pas » (Philippe Quéau, 1986). Ou encore : fait de chercher une aiguille dans une botte de foin et d’en sortir avec la fille du fermier (Julius H. Comroe, 1977).

La sérendipité appliquée à la bêtisologie. Une telle « exploitation bienveillante des accidents » nécessite des qualités humaines que la culture d’entreprise désigne aujourd’hui sous le terme de serendip attitude. L’AFPC encourage sans réserve les parents et baby-sitters du monde entier à développer leur niveau de serendip attitudeafin de prendre la vie, et les bêtises d’enfant, du bon côté.

En effet, l’AFPC considère la bêtise d’enfance comme un événement de type serendipdans la mesure où il permet bien souvent à l’enfant de raffiner sa perception des limites, de la sagesse et de la responsabilité, élargissant le terrain de son expérience par de nouvelles conclusions concernant le fonctionnement du monde. En cherchant à se venger, s’amuser, imiter, expérimenter, ou simplement s’amuser, l’enfant qui commet une bêtise découvre la toile sociale qui l’entoure. C’est ainsi qu’il pourra devenir un adulte conscient du jeu qu’il joue et, l’AFPC l’espère, un adulte espiègle, chez qui l’envie d’expérimenter ne s’éteindra pas.

Origine du terme.C’est en 1754 que Horatio Walpole crée le terme serendipity. Il le forge sur l’ancien nom du Sri Lanka : Serendib, Serendip ou Sarendip (en vieux persan). En effet, Walpole fait référence au conte persan Les trois princes de Serendip, où le roi de Serendip envoie ses trois fils à l’étranger pour parfaire leur éduction. Au cours de leurs pérégrinations, les princes se basent sur des indices ténus grâce auxquels ils parviennent à remonter à des faits dont ils ne peuvent avoir connaissance par ailleurs, comme lorsqu’ils décrivent ce chameau qu’ils n’ont pas vu : « J'ai cru, seigneur, que le chameau était borgne, en ce que j'ai remarqué d'un côté que l'herbe était toute rongée, et beaucoup plus mauvaise que celle de l'autre, où il n'avait pas touché ; ce qui m'a fait croire qu'il n'avait qu'un œil, parce que, sans cela, il n'aurait jamais laissé la bonne pour manger la mauvaise. » (cité dans Wikipédia).

A la suite de Walpole, de nombreux scientifiques reprennent le terme, parmi lesquels Charles Darwin (1853) ou Robert Merton (1945). Le concept se diffuse peu à peu dans un grand nombre de disciplines telles que la physique, la chimie, la sociologie, l’anthropologie, la paléontologie, le management, et apparaît pour la première fois sur Wikipédia en 2004.

Antonyme.Zemblanité. Mot forgé par l’écrivain brirannique William Boyd dans son roman Armadillo. De même que le terme sérendipitéavait été formé par Walpole sur le nom de l’île de Serendip (Sri Lanka), Boyd forme le mot zembalnitésur le nom d’une île inhospitalière de l’Océan arctique au Nord de la Russie : la Nouvelle-Zemble. Cette île est, du point de vue géographique mais aussi conceptuel, « aux antipodes » de Serendip, et la zemblanité est la faculté de faire systématiquement et expressément des découvertes attendues mais malheureuses et malchanceuses et n'apportant rien de nouveau. L’AFPC condamne sévèrement la zemblanité.

 

Préméditation

Action de préméditer, projet d’accomplir une action, surtout mauvaise. On pourra ainsi dire d’une bêtise qu’elle est faite « avec préméditation ».

Adverbes et expressions liées. Sciemment. Délibérément. Intentionnellement. Volontairement. De sang froid. Avec intention. A dessein. En toute connaissance de cause. Exprès. Ou, sous la forme enfantine : « En exprès ».

Expression antonyme. Je l’ai pas fait exprès ! Ou, sous la forme enfantine : Je l’ai pas fait en exprès !

 

Bonnet d’âne

Couvre-chef en forme de bonnet sur lequel sont fixés deux appendices dressés censés représenter les oreilles d’un âne. C’est dans le contexte scolaire que son port advient, dans le cas où il est imposé par un instituteur à un élève turbulent ou présentant de mauvais résultats, généralement qualifié de « cancre ».

Contrairement aux idées reçues aujourd’hui concernant la bêtise de l’âne, le bonnet d’âne ne devait pas à l’origine humilier l’élève en le transformant en animal borné, mais bien lui transmettre l’intelligence de cet animal, considéré à l’époque comme très intelligent.

L’AFPC est fière de présenter dans le Musée aux bêtises d’enfance sa fabuleuse collection de bonnets d’âne du monde entier.

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La Chasse aux Bêtises

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Diffusion : Frédérique Gueutier

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